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Edito – Principe de réalité

D’évidence, de splendides réussites technologiques confirment le savoir-faire industriel français, entre autres dans l’aéronautique, le spatial ou le luxe. Pour autant, dans la crise que nous traversons les dérives économiques de notre pays montrent combien la France est malade de son industrie.

Pour enrayer l’hécatombe, l’exécutif a imaginé 13
« Filières industrielles innovantes » dont l’une concerne la santé, fortement orientée vers la « pharma ».  Avec une conséquence prévisible : dans ce cadre institutionnel, les pistes de réflexion pour développer le volet des technologies d’information de ce domaine gravitent essentiellement autour de la télémédecine au service des personnes atteintes de pathologies chroniques.  Or bien qu’intéressant, ce volet ne constitue que l’une des multiples facettes du numérique de santé à l’heure d’une irrésistible appropriation par le citoyen de sa santé. Et cette lame de fond ne se cantonne évidemment pas aux personnes vieillissantes et frappées de polypathologies. Bien au contraire, c’est de la naissance à sa fin de vie que les services proposés au consommateur de santé doivent être conçus.  De plus, les efforts ne peuvent plus se limiter au monolithique domaine curatif, mais doivent très vite s’élargir – comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays - à la prévention, à l'éducation, au suivi nutritionnel, à l'aide à l'autonomie en allant jusqu’ au bien-être et bien-vivre.

A cet égard une récente étude en provenance des Etats-Unis montre que c'est bien l'ensemble du spectre du numérique de santé qui constitue un important gisement de création de valeur et d'emplois et peut par surcroît concourir à un rééquilibrage de notre balance commerciale. Même notre tricolore CNIL se positionne sur le sujet en formulant avec ses recommandations à propos du quantified self, inscrit dans une demande mondiale en fort développement qui est loin de se réduire aux pathologies lourdes. Concept au sujet duquel il n'est d'ailleurs pas sûr que les citoyens-consommateurs hésiteront longtemps à utiliser des offres hors-sol pour répondre à leurs besoins et envies si celles-ci ne se développent pas rapidement sur notre territoire.

Ainsi, pour exprimer pleinement son potentiel avec cette inéluctable mutation, le numérique de santé doit désormais s’articuler autour de deux axes. Le volet clinique d’abord, fondé sur les preuves et dont les plateaux techniques sécurisent les performances. L’implication du citoyen acteur de sa propre santé ensuite, en relation avec le corps médical, qui monte désormais très vite en puissance. Dans ce nouvel environnement bipolaire la facette technologique constitue, non pas une fin en soi mais une simple et indispensable interface pour actionner harmonieusement ces deux leviers complémentaires.

Dans ce contexte d’évolutions rapides, les acteurs économiques ne peuvent plus se contenter de l’approche « top-down » des appels à projets franco-français conçus dans les salons parisiens et financés par l’invraisemblable enchevêtrement de guichets de saupoudrages d’argent public. Au contraire, l’heure est à une réponse concertée des acteurs de la société civile au côté du dynamisme des instances régionales, en regardant avec elles vers l’international. 

Dans son domaine stratégique pour la nation, LESISS est conscient des limites de l’Etat, tant en ressources humaines que budgétaires et qui doit mettre en cohérence la redondance de ses moyens. Sans attendre plus qu’il ne peut proposer, l’objectif que notre Fédération se donne est pleinement en ligne avec les espoirs de l’Etat, qui « attend des entreprises qu’elles s’organisent collectivement pour se donner les moyens de créer des emplois, d’adapter et de développer les compétences des salariés, d’innover et d’investir en France, d’exporter vers les marchés les plus prometteurs. »

Conçues pour répondre, tant aux espoirs de la Puissance publique qu’à la demande de nos concitoyens, les offres « Alliance » de LESISS actuellement en construction et nativement prévues pour répondre aux opportunités internationales,  visent à donner une nouvelle impulsion au marché du numérique de santé. Bâtissons. Ensemble.

Bernard D’Oriano, Président

Lire l’article « Le temps de l’Alliance est venu » (avec l’aimable autorisation de la Rédaction en chef)
 
Dernière modification : 31/07/2014


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