La bombe à retardement des accidents médicamenteux

Le drame qui a récemment frappé d’un accident médicamenteux mortel le membre d’une famille, légitimement relayé par les medias, conduit à une conclusion évidente : trop c’est trop ! Car comme l‘indique l’article paru dans le quotidien le Parisien du 10 juillet, ce ne sont pas tant les outils technologiques d’aide à la prescription qu’il faut changer, mais plutôt le logiciel de pensée qui permettra de pallier les dysfonctionnements de notre système de santé, en l’occurrence dans la sphère hospitalière. A cet égard, la réponse de l’exécutif en charge de la santé est intéressante, rappelant que « la prescription reste un acte individuel et que le logiciel d'aide à la prescription ne peut pas se substituer à la prescription personnalisée, individualisée, par le médecin ».

Remarque d’autant plus intéressante que les causes de ce nouveau drame sanitaire ne sont pas à rechercher dans les seuls outils technologiques. En conséquence, ce n’est pas en imposant une réglementation à base de labels, d’agréments ou d’homologation encore en gestation dans les chaudrons institutionnels que les graves dysfonctionnements disparaîtront. D’autant qu’à cet égard l’arsenal réglementaire européen qui s’impose aux Etats ne demande qu’à être appliqué dans notre pays.

Toutefois, comme l’ont préalablement montré d’autres épisodes dramatiques antérieurs, les dysfonctionnements répétés dans le domaine des accidents médicamenteux ont pour origine différents acteurs et composants : les organisations, les pratiques, les prestataires, les professionnelles de santé et les patients, sans oublier les tutelles. A cet égard, la prise de conscience d’une approche nécessairement interdisciplinaire semble à la peine, qui permettra pourtant d’éviter que de telles tragédies se reproduisent.

En conséquence la Fédération LESISS vient de proposer au Premier ministre, sur ces enjeux de santé publique, une rencontre en vue de valider un plan d’action global et concerté. Pour en finir avec les dysfonctionnements dont en bout de chaîne, ce sont nos concitoyens qui en subissent les douloureux effets.

> Lire le Communiqué de presse « 18 000 morts, 150 000 hospitalisations … »
 
Dernière modification : 11/07/2013